Voyager seule : une révélation

Si vous m’aviez rencontré il y a six ans, vous seriez surpris de savoir comment j’étais à l’époque.

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Chicago, Illinois

J’étais étudiante à l’université mais je ne sortais pas beaucoup. Chaque semaine, je me contentais de prendre le train, de ma maison à mon logement étudiant. Je n’avais jamais vraiment quitté la France et j’étais assez effrayée de sortir de chez moi. Quand je vous dis sortir de chez moi, j’entends: aller ne serait-ce qu’en bas de la rue. Toute situation qui nécessitait que je parle à un étranger était une source de stress. Je passais la plupart de mon temps cloîtrée chez moi à regarder des films ou à écouter de la musique. C’était plutôt déprimant.

Néanmoins, depuis que j’ai 14 ans, j’ai cette envie viscérale de voyager. Paradoxal vous me direz, pour quelqu’un qui refuse de sortir de chez elle. Je sais. Mais au plus profond de mon être, quelque chose me disait que voyager serait mon remède.

Quand j’ai évoqué l’idée de voyager seule à mes proches, ils ont eu un rire narquois : « avant de partir à Tataouine, essaye d’aller acheter du pain toute seule! ». Mais au fond, je savais très bien que j’étais capable de partir.

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New York, New York

Un peu avant la fin de ma première année de licence d’anglais, j’ai commencé à organiser un voyage. Je voulais améliorer mon anglais parce que mon accent était nul et que j’avais du mal à formuler des phrases dans réfléchir cinq minutes dans ma tête. J’ai décrété que le Royaume-Uni c’était trop près de chez moi (j’habite dans le nord de la France), alors j’ai réservé un billet pour les Etats-Unis. Puisque j’étais une pauvre étudiante, je voulais rentabiliser le billet alors j’ai décidé que j’allais y rester autant de temps qu’un touriste pouvait rester sur le sol américain, c’est-à-dire 90 jours.

Je ne voulais pas être une simple touriste en restant dans un hôtel et en visitant toutes les bonnes adresses du guide du Routard. Je voulais m’aventurer dans le Nouveau Monde. Je voulais rencontrer des américains et vivre comme tel. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi de faire du volontariat. Je suis restée chez des gens pendant plusieurs semaines. J’ai partagé des instants de vie, je me suis attachée à eux et je les ai aidés dans leur vie et leurs projets quotidiens.

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Riverview Vineyard, Genoa, Wisconsin

 

Et cette idée a certainement été la meilleure idée de ma vie. C’était un sacré défi de planifier un voyage en solitaire à l’autre bout du monde pour une personne si peu sûre d’elle. Quand l’avion a décollé je me souviens me dire «qu’est-ce que je fous là? », puis j’ai fermé les yeux et j’ai senti des larmes couler sur ma joue. Mais ça n’a pas duré longtemps. J’étais juste en train de réaliser que ça marquait le début d’une nouvelle ère.

En fait, je vois cette expérience comme une révélation. Je vois ça comme une floraison. Avant de partir, j’étais extrêmement timide, mal à l’aise et peureuse. Quand je suis rentrée, j’étais une nouvelle personne. Je suis devenue autonome, j’ai gagné en confiance et je me suis ouverte au monde. J’ai vécu tant d’aventures pendant ces trois mois de voyage. J’ai rencontré des gens adorables, j’ai vu de magnifiques paysages, j’ai passé des heures sur la route et j’ai regretté d’avoir emmené avec moi cette valise de vingt-trois kilos… Ce premier voyage était certainement un événement majeur dans ma vie et je n’ai aucune idée de ce que j’aurais pu devenir si je n’avais pas vécu ça. Mais surtout, cette expérience m’a donné cet amour incommensurable pour le voyage et je suis reconnaissante d’avoir la possibilité de voyager autant.

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